De réfugié  à équipier 1er à l’ACBB

De réfugié à équipier 1er à l’ACBB


Le rugby m’ aide à avancer et oublier mes terribles épreuves.

Cheick Diallo -Ivoirien- Première ligne- équipe Première -Boiseur

 

 

 

 

 

 

« J’ai été repéré à l’ âge de 8 ans dans mon quartier par un entraineur de rugby du club TBO (Treichville Biafra Olympic) j’y suis resté jusqu’à mes 16 ans. Au décès de mon père, et dans un contexte économique compliqué, j’ai tout quitté pour tenter ma chance en France . Parti  par bâteau , passé par Lampedusa je suis arrivé en  France en 2016 .  Aidé par l’ESPEREM  , une association d’aide aux personnes en difficulté , et plus particulièrement Philippe Kullet, j’ai pu suivre une formation de 2 ans au Lycée Jean Monnet de Montrouge et  décrocher mon CAP Maçon. Ne concevant pas ma vie sans sport et surtout sans rugby, j’ ai cherché alors  un club dans ma région d’accueil des Hauts de Seine. Avant de pouvoir jouer en Juniors, les démarches administratives ont pris du temps. Mon affiliation a pris 2 mois . Arrivé sans rien , Cédric m’a bien aidé . J’ai retrouvé mes sensations . Le rugby m’ aide à avancer et oublier mes terribles épreuves. Loin de ma famille ,je suis le petit dernier d’une longue fratrie ( 3 frères et 4 soeurs) j’avoue que ce n’est pas tous les jours facile.  Mais, soyons positif,  J’ai trouvé un emploi d’intérimaire au sein de Bouygues Construction  et j’évolue en Séniors en ce début de saison à l’acbb . J’ai même réussi à décrocher une feuille de match en équipe première contre le PUC ! Avec une amplitude de travail  très étendue ma journée commence à 7h30  et ne finit jamais avant 19h. Les jours d’entrainements, mes journées peuvent être  très longues. »

 

 Juniors  l’année dernière, en Avril 2019, j’ai été sélectionné en équipe Nationale de Côte d’Ivoire  pour la coupe d’Afrique de rugby à XV   une compétition qualificative pour la coupe du Monde de rugby à XV . » 


A PROPOS DU RUGBY EN COTE D’IVOIRE…

 »Le rugby en cote d’Ivoire connaît depuis quelques temps comme une renaissance . Le XV peut avoir du mal à percer. Ça demande beaucoup de technicité et un environnement spécifique. Ici, on préfère parler de rugby en général, pas du XV ou du 7 en particulier. Mais si on arrive à construire une équipe compétitive à 7, on aura plus de chance d’en avoir une à XV. Considérant que le Sevens peut s’implanter plus facilement et surtout plus rapidement sur le territoire ivoirien, déclare Olivier Diomandé manager général des sélections nationales et confie suivre l’exemple Kenyan vainqueur du Singapour 7s en 2016 et qualifié pour les JO 2016 de Rio,

Affiliés des championnats à des entreprises ….L’idée de la fédération de Côte d’Ivoire est de pouvoir former les joueurs pour qu’ils travaillent ensuite dans ces entreprises

Pour le recrutement des joueurs et des joueuses susceptibles de défendre les couleurs ivoiriennes au niveau international,   la fédération ivoirienne s’inspire de la méthode Japonaise pour accompagner, sur et hors des terrains, ses meilleurs éléments, aussi bien sur le plan sportif que professionnel.« Nous travaillons sur des championnats à 7, hommes et femmes, sur des championnats moins de 20 ans et senior affiliés à des entreprises afin que chaque entreprise puisse prendre en charge un club .  L’idée est de pouvoir les former pour qu’ils travaillent ensuite dans ces entreprises. Il faut que l’on puisse proposer à tous ces jeunes un vrai avenir professionnel et les garder sur place. »La fédération ivoirienne s’est aussi inspirée des Fidji pour  la convivialité et l’esprit de fête autour du jeu.  L’objectif reste de participer d’une manière ou d’une autre à la Coupe du Monde de Rugby 2023 en France et aux Jeux Olympiques 2024 à Paris, de replacer le rugby ivoirien sur la carte des nations performantes.(source worldrugbynews 5/08/2020)


OLIVIER AZPITARTE TEMOIGNE DES CONDITIONS DE SA TRAVERSEE


En appui du témoignage de Cheick,  Olivier Azpitarte, ancien joueur de l’ACBB et journaliste , avait témoigné il y a sept ans, caméra embarquée, sur les ambitions et les conditions de voyage de  ces  réfugiés fuyant la Côte d’Ivoire par bâteau . Des images bouleversantes.
Il témoigne à nouveau pour nous aujourd’hui:

“Tonight, this is travels”. C’est par ces mots d’anglais de débrouille que le passeur libyen m’annonce l’appareillage pour Lampedusa dans la nuit. Il me fait confiance, je ne dévoilerai pas son identité, il me laisse monter à bord. Je paye le montant de la traversée, tout de même : 900€, le même prix que de certains passagers. D’autres, plus légers, n’ont payés que 600€. À moins que ce soit parce qu’ils sont plus pauvres, ces soudanais et érythréens notamment.Nous sommes le 30 juin 2013, et je vais rentrer à la maison, passeport français en poche, en voyageant avec ceux qui n’ont pas de titre légal. Caméra au poing, aussi, sans quoi il ne me serait même pas venu l’idée d’une tel voyage !

 

 

 

Pour avoir une petite impression du voyage, voilà le reportage diffusé à l’époque :

J’ai le kit du naufragé dans mon sac : combinaison Néoprène de survie Guy Cotten louée au vieux campeur, balise de détresse GPS, téléphone sat, GPS classique. La liste a été dressée avec un ancien du trophée Vendée Globe. On a beau aimer l’aventure, on n’est pas kamikaze pour autant. J’embarque équipé en sus (mot dédié à ceux de l’ACBB qui se reconnaîtront) d’un moral trempé dans le bain de la Légion étrangère en Afghanistan et ailleurs. 

36 heures plus tard, je buvais à Lampedusa le Nero d’Avola dont je rêvais depuis deux semaines, tanké en Lybie à attendre le passage.  A l’exception de l’alcool de contrebande frelaté qui a laissé presque aveugle mon traducteur, il y en Libye tout à construire en terme de marché des vins et spiritueux. 

Quand Hervé dit « La Gache » et Séverine Druart m’ont fait remarquer que c’est aussi un ancien joueur de l’acebèbe, en mon humble personne, qui avait embarqué ce soir-là, j’ai d’abord pensé qu’ils faisaient référence à une traversée italienne antérieure, à destination de Venise, lors d’un stage de juniors à Trévise. Une troisième mi-temps – qui avait coûté une cloison nasale à Fabrice Spreux – m’avait laissé d’humeur poétique et soulographique à bord du bac qui nous emmenait, Reichel et Crabos, vers la place Saint-Marc.

Et puis j’y ai repensé… D’une certaine manière, ce n’était pas complètement faux : sans jamais fréquenter la section nautique de l’ACBB, le rugby m’avait peut-être un peu préparé à vivre des aventures hors du commun comme cette traversée aux côtés des migrants. 

qu’importe d’où viennent les individus, pourvu qu’ils aient un objectif commun et de l’humanité…

Jouer au rugby, à 16 ans, j’y venais pour le dépassement de soi et l’adrénaline, et parce que Guillaume dit « Goye » m’avait dit : « tu es basque, je suis basque, l’an prochain on va jouer à Boulogne car j’arrête les scouts ». J’ai évidemment trouvé au stade du saut du Loup plus que ce que je j’étais venu chercher au départ. Plus qu’un sport à part, le rugby est une  occasion privilégiée d’ouvrir ses perspectives, c’est un lieu commun de le dire… C’est un des rares sports où l’origine sociale et la couleur de peau passent très loin après une considération bien plus  importante: la solidarité, nécessairement infaillible au sein d’une équipe, voilà l’authentique honneur des « combattants » du ballon ovale. Quelques années mémorables sur les terrains font grandir une confiance, pas seulement en soi, mais en la capacité d’un groupe à affronter l’adversité.Un gamin peut lire ça dans tous les bouquins d’histoire, à propos des compagnons de la Libération derrière le général de Gaulle, et ça restera une abstraction pour lui tant qu’il n’en aura pas fait un peu l’expérience lui-même : qu’importe d’où viennent les individus, pourvu qu’ils aient un objectif commun et de l’humanité…

Nous étions un peu plus de 200 à bord, bien trop pour ce bateau de pêche de quinze mètres. Mais pour arriver tous sains et sauf à bon port, nous avons fait équipe.

Parole d’ancien de l’ACBB rugby, parole d’ancien de la traversée Libye-Lampedusa du 30 juin 2013 😉


ETRE FAMILLE D’ACCUEIL UNE BELLE AVENTURE HUMAINE

A lire l’ article paru dans le BBI de Novembre 2020 p27 ‘’Ces familles boulonnaises accueillent des demandeurs d’asile ‘’ de Véronica et Nicolas Giraud


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