Du Liban à l’ACBB

Du Liban à l’ACBB


Nous rêvions d’un meilleur Liban, nous n’avions que le rugby pour nous changer les idées …..Et puis ….L’Apocalypse…

 

Cyril Irani -Franco Libanais -Pilier- équipe Première de l’acbb

« J’ai quitté le Liban le 26 septembre pour m’installer en France et commencer une nouvelle vie. La première chose à laquelle j’ai pensé c’était de trouver un club de rugby. J’ai eu la chance de tomber sur l’ACBB! 
J’ai commencé le rugby à 16 ans, en 2012, au Collège Notre-Dame de Jamhour – mon école. On jouait entre amis, sans bien se préoccuper des règles du jeu – on voulait juste se rentrer dedans. Quelques mois plus tard, l’un des joueurs de l’équipe séniors commence à nous entrainer, bénévolement, une fois par semaine. Un jour, je me présente à l’entrainement des séniors, c’était un mercredi. Je jouais mon premier match le dimanche de la même semaine! Je connaissais à peine les règles, je ne savais pas me positionner en mêlée, j’étais vraiment perdu sur le terrain. Bref, j’ai fini par jouer deux saisons au club de Jamhour. En 2015, à l’image de notre gouvernement, le Rugby s’arrête au Liban – faute de corruption. Plus de championnat, 3 ou 4 personnes aux entrainements. La seule façon pour continuer à jouer, fut d’intégrer l’équipe de Beirut Select (les Barbarians) ;on jouait contre les FINUL ( Force intérimaires des Nations Unies) irlandaises, françaises, ou même fidjiennes. Je me réfugie aussi dans le rugby à XIII, à l’université. Notre championnat était très intense, je me sentais bien à nouveau, même si je préférais toujours le rugby à XV. En 2017, après deux ans de disette, je retrouvais mon équipe de cœur, les Jamhour Black Lions. Nous sommes mêmes arrivés en finale du championnat de cette même saison! Le train était lancé. Avec l’équipe de rêve que nous formions, nous remportons finalement le titre de champions du Liban. Un titre longuement attendu chez les Black Lions qui formaient désormais une famille.

En 2018, je suis sélectionné pour la première fois en équipe nationale. Les Phoenix. En 2019, suite à une belle saison, je fête mes 3èmes et 4èmes sélections au Qatar dans le championnat de l’Asie de l’ouest.« 

La culture Rugby ! être ensemble, Vivre ensemble

Octobre 2019, c’est la révolution au Liban. Des centaines de milliers de Libanais descendent dans les rues pour réclamer leurs droits. C’est le début de la fin. Les routes sont bloquées par des pneus enflammés. L’accès au terrain de rugby est impossible. Nous troquions les terrains par les rues et places de manifestations – c’était notre seul moyen de se retrouver. On faisait même quelques passes au milieu de l’autoroute. Mais voilà, la crise économique s’ajoute  à la crise politique et sociale. Beaucoup d’entreprises ferment leur portes.  Un nombre immense de libanais perdent leur emploi. Moi, stagiaire en e-commerce, dans une grande enseigne d’articles de sport, je perds aussi mon stage. Nous étions vraiment au fond du gouffre. Début 2020 nous reprenions les entrainements, il n’y avait que le rugby pour nous changer les idées!  Mais notre situation était loin d’être revenue à la normale – elle ne faisait qu’empirer. Mars 2020 : arrêt des activités sportives à cause de la COVID, et nous voilà plongés dans une nouvelle crise.Les valeurs du rugby et surtout la fraternité qui existe dans notre équipe fît que le confinement ne soit pas aussi pénible que ça. Entre les séances vidéos, les challenges sportifs et les entraînements virtuels, l’optimisme s’installa. Nous rêvions d’un meilleur Liban, sans jamais perdre espoir. Qu’est ce qui pourrait encore s’ajouter à notre situation minable ?
Mais, le pire arriva!Une explosion au port de Beyrouth, quasi nucléaire, qui détruit toute la région. L’apocalypse totale… Je perds à nouveau un boulot. C’est la goutte qui fait déborder le vase. Je décide donc de m’installer à Paris, où je vivrai sans doute mieux qu’à Beyrouth. Je n’étais ni le premier ni le seul à le faire… 

‘’Pour nous au Liban, le rugby a toujours été une passion, un hobby’’

Se forger une carrière professionnelle au Liban est notre souci premier au regard du manque d’opportunités. A la fin de chaque saison, c’est environ le quart de l’équipe qui nous quitte pour l’étranger. Pour nous au Liban, le rugby a toujours été une passion, un hobby mais nous ne pouvons en faire plus. Même durant la période d’examens nous savions déjà tous que nous n’allions pas être nombreux aux entrainements .Nous devions même quelques fois annuler nos matchs du weekend par manque d’effectif.
Ici à Boulogne, j’ai retrouvé la passion avec laquelle je jouais au rugby. Un grand merci @HervéGachen qui a été mon premier contact depuis Beyrouth et qui ma intégré parfaitement à l’équipe! 
‘’


A PROPOS DU RUGBY AU LIBAN..

Interview intéressante réalisée en 2016 qui prend un écho particulier aujourd’hui en période de confinement de  Manuel Stanislas  entraineur de l’équipe Nationale du Liban 

‘’Le plus important pour nous est d’enseigner aux jeunes la culture Rugby  , les valeurs du rugby , de groupe d’altruisme être ensemble, Vivre ensemble le vrai corps du rugby!  ‘’


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